La sophrologie et les compulsions alimentaires

Une compulsion alimentaire est un besoin irrésistible de manger. Il ne s’agit pas de manger pour répondre à la faim mais c’est une prise alimentaire compulsive, impulsive, qui se manifeste à n’importe quel moment de la journée, un phénomène incontrôlable qui s’impose à soi-même.

On parle de compulsion alimentaire si la survenue de la crise se manifeste au moins 2 fois / semaine et si l’ingestion d’aliments est réalisé sans faim ni rassasiement avec un sentiment de perte de contrôle. Même s’il n’y a pas de statistiques générales, il est important de savoir que 4 à 6 % des adolescentes et des femmes de moins de 50 ans en souffrent soit entre 400 000 à 500 000 personnes adultes en France. La compulsion concerne surtout les femmes (plus de 70%) et toutes les classes sociales sont touchées. En général, les aliments ingurgités sont plutôt des aliments « plaisir », très souvent sucrés. Elles mangent peu lors des repas et évitent même de se mettre à table. Elles se nourrissent rapidement et préfère manger seule, les épisodes de « crises » ont lieu en cachette, à l’abri des regards, car le sentiment de honte est très présent.

Les personnes souffrant de compulsions alimentaires cherchent en mangeant à échapper à leurs propres émotions, à mettre en sommeil une difficulté mais ne parviennent plus à se contrôler. Le besoin compulsif de manger est un symptôme, c’est le signe d’un autre problème, le seul moyen à disposition à un moment donné pour gérer ses émotions qui sont insurmontables (besoin d’affection, compensation d’un manque comme le manque d’écoute, d’attention, de respect des autres ou encore un besoin d’être vu, entendu et reconnu socialement, besoin d’être aimé, accepté, besoin de se sentir vivant…). La compulsion alimentaire est donc un grignotage « émotionnel ». Pour comprendre la cause des grignotages émotionnels, il est intéressant de comprendre le cercle vicieux qui réside entre les émotions négatives et les grignotages :

 

Depuis notre plus tendre enfance, notre éducation et nos expériences de vie ont généré des croyances profondes que nous avons stocké dans notre cerveau souvent inconsciemment. Ces croyances sont ancrées en nous et régissent notre vie sans même qu’on s’en aperçoive. Ces croyances peuvent être positives ou au contraire avoir un impact négatif car elles nous empêchent d’avancer dans la vie et génèrent des émotions négatives qui se traduisent soit par des pensées dites « de manque » comme le manque de personnalité, d’énergie, d’intelligence, de confiance en soi, d’estime de soi soit par des croyances limitantes comme « je suis trop jeune pour choisir mon avenir » ou « je suis trop vieux pour trouver l’amour. », « il faut souffrir pour être belle »…

Depuis enfant, la nourriture fait partie prenante de notre système émotionnel. C’est une évidence : on console très souvent un enfant en lui offrant une pâtisserie ou une sucrerie ; à tout âge, la nourriture peut offrir un réconfort, combler un vide, compenser l’ennui ou atténuer la tristesse.

Ces pensées et émotions négatives générées par nos croyances profondes peuvent créer un mal-être considérable et provoquer justement des compulsions alimentaires qui viendront combler le manque ou le vide ou encore renforcer nos croyances limitantes. Les personnes souffrant de compulsions alimentaires grignotent car elles se sentent mal psychologiquement. Elles mangent donc des aliments plaisir pour se sentir mieux. Cependant après avoir grignoté, elles se sentent encore plus mal car :

  • physiologiquement ces aliments affectent considérablement le bon fonctionnement de leurs organes (digestion difficile, sentiment de lourdeur, ballonnements, fatigue…) et notre état physiologique a un gros impact sur notre état émotionnel ne l’oublions pas, car le corps et l’esprit sont indissociables et fonctionnent en binôme.

  • – psychologiquement car la culpabilité, le regret, la honte, l’inquiétude, l’anxiété viennent s’ajouter aux émotions négatives déjà existantes.

Et comme pour soulager à nouveau cette nouvelle vague d’émotions et de pensées négatives, elles se mettent à grignoter davantage pour se sentir mieux.

Il est très difficile de sortir de ce cercle vicieux mais il est essentiel de s’en libérer car il peut avoir un impact très négatif sur notre poids, notre santé, et notre vie en générale. Comme le dit si bien Byron Katie « ce n’est pas la réalité qui nous fait souffrir mais nos pensées sur la réalité ».

Comment la sophrologie peut amener le sujet à se détacher de ses compulsions alimentaires ?

La sophrologie est un outil de bien-être et de développement personnel offrant des méthodes spécifiques à la résolution d’une problématique. La relaxation profonde qui amène au niveau sophroliminal et permet le lâcher-prise donne accès à ce qui est enfoui dans l’inconscient et permet de déconditionner certains schémas ou pensées ou croyances limitantes. C’est à ce niveau d’état modifié de conscience qu’on donne au sujet la possibilité de comprendre qu’il ne subit plus mais qu’il agit. Il prend donc conscience de son pouvoir personnel.

La sophrologie apporte une harmonie entre corps et esprit :

  • Avec le corps, car on prend conscience de phénomènes physiologiques (respiration, battements du cœur..) qui nous permettent de renforcer notre schéma corporel. En effet, se relier à son corps, savoir l’écouter, est indispensable pour repérer comment se manifestent les sensations de faim et de satiété (que se passe t-il dans mon corps quand j’ai faim ? Que se passe t-il quand je suis rassasié ? Je ressens de la chaleur, de la lourdeur, de la légèreté…?). Il s’agira de repérer ces sensations d’avant le repas, pendant le repas et après le repas pour les identifier et en prendre pleinement conscience. Le point de départ est la prise de conscience de ce qui se passe dans notre corps, des sensations qui se manifestent (quand la faim se fait sentir ou quand la satiété se fait sentir ou identifier si ce qu’on ressent est de la faim ou simplement le besoin de combler un vide ou un manque). La sophrologie insiste sur la mobilisation corporelle car un travail de réconciliation du corps et de l’esprit est nécessaire.

    Une fois ces sensations repérées, le sujet pourra les appréhender, les comprendre et les contrôler. Intégrer son schéma corporel peut aider le sujet à se recentrer sur son corps et les sensations ressenties. Reprendre contact avec son corps est une étape incontournable pour se reconnecter avec ses sensations corporelles. Des exercices de respiration et de relaxation dynamique sont tout à fait préconisés dans ce genre de problématique car la respiration permet d’amener le calme, la détente, l’apaisement en oxygénant le corps et les cellules et les exercices de relaxation dynamique vont permettre de situer les zones du corps où les tensions corporelles sont présentes et cela permettra de les relâcher.

    Nous pourrons également grâce à la sophrologie apprendre au sujet à se libérer, à gérer ou soulager ses symptômes physiques liés aux crises alimentaires par une technique sophrologique qui permettra de substituer ses symptômes physiques par une nouvelle sensation agréable qu’il aura choisi au préalable ou par une visualisation positive qui servira à substituer aussi ses compulsions alimentaires par des exercices de respiration ou de relaxation dynamique.

  • Avec l’esprit on prend conscience de phénomènes mentaux (pensées et émotions) qui nous permettent d’aller à la rencontre de notre inconscient. Lors des compulsions alimentaires, on répond à un besoin incontrôlable de calmer une émotion ou une pensée négative (besoin de se calmer, manque d’estime de soi, de confiance, l’ennui…). Il s’agit de comprendre ce qui nous pousse à ces compulsions alimentaires, comprendre pour quelles raisons fondamentales nous éprouvons ce besoin de manger, comprendre quelle émotion ces compulsions viennent calmer ou remplir et savoir également ce que cela nous procure. La sophrologie c’est apprendre à gérer ses difficultés existentielles autrement que par l’utilisation abusive de nourriture. Il est primordial d’identifier ce que nous essayons de refouler par le biais de la nourriture.

    Une fois l’émotion identifiée il va s’agir de traiter en priorité cette émotion : identifier ce qui nous permettrait de reprendre confiance en nous, d’avoir plus d’estime de nous-même ou de combler notreennui. Que pouvons-nous mettre en place en priorité, quel élément nous permettrait de reprendre confiance en nous ou de retrouver la sérénité ou encore de combler notre ennui ? Et surtout quelle ressource nous manque t-il aujourd’hui pour avancer ?

    La sophrologie servira a faire ressortir la ressource manquante par des techniques diverses. La démarche sophrologique d’un point de vue psychique sera de créer la positivité chez le sujet pour qu’il puisse tirer le meilleur de chaque situation. Le but est d’amener le sujet vers la ressource manquante, intensifier cette ressource manquante en lui donnant une abondance infinie de la ressource dont il manque pour imprégner son esprit de ces images positives et l’ancrer en lui par un geste ou par un mot. Cela lui permettra de l’activer dès qu’il en aura besoin pour se détacher de ses compulsions alimentaires. Envisager sa vie, la visualiser avec cette ressource abondante qu’il auto-génère à nouveau va lui permettre d’entreprendre les changements nécessaires pour se détacher de ses compulsions alimentaires.

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